Qu’est-ce que c’est que la Démocratie?

La démocratie est un système de gouvernement qui fonde sa légitimité sur la participation active du peuple à la structure de la gouvernance et du développement de la société. Trois éléments caractérisent les valeurs démocratiques universelles : (1) des élections compétitives, libres et honnêtes; (2) le principe d’égalité politique et juridique; et (3) un degré élevé de protection des droits de l’homme et des libertés civiles. Le système de domination par le haut, marqué par l’oppression politique et psychologique, est la marque de fabrique d’une autorité politique immorale, qui affiche un sentiment illusoire de supériorité vis-à-vis de son peuple. La fuite des cerveaux et la faible participation citoyenne greffées aux problèmes moraux d’inégalité et d’exclusion, sont symptomatiques de l’instabilité politique structurelle et de la corruption institutionnalisée dans la plupart des pays africains.

Comment promouvoir et protéger la démocratie?

1. Éduquer les citoyens et leur donner les moyens de prendre leur destin en main

Les régimes autoritaires n’ont pas intérêt à éduquer leurs populations, puisqu’un peuple instruit, consciencieux, peut démanteler la machine de l’oppression. Le fait qu’un pays connaisse un manque de perspectives d’avenir pour les populations, dépend d’un certain nombre de facteurs endogènes tels que le faible niveau d’éducation, un esprit critique précaire à l’égard de la politique, et le déficit de conscience stratégique des gouvernants. La fausse notion de souveraineté populaire que les autocrates africains se construisent, couplée avec la pauvreté imposée par la mondialisation négative, créant un déficit de compétences civiques nécessaires pour favoriser la libération des peuples opprimés, leur permet de maintenir le peuple dans l’obscurantisme pour mieux l’asservir. Le rêve utopique miroité dans un système d’éducation africain précaire, qui n’arrive pas à s’adapter aux réalités du monde d’aujourd’hui, favorise le fatalisme et l’apathie sociale. La nécessité de sensibiliser les populations aux dangers d’une forme de gouvernance fondée sur le maintien du peuple dans l’ignorance, sur fond de «massacre» systématique des principes démocratiques freinant la transformation structurelle, trouve sa rationalité dans les contradictions de nos sociétés.

Un système d’éducation bien pensé joue un rôle essentiel dans la défense d’une société contre les velléités de prédation intérieure et extérieure. Par sa capacité à favoriser le changement et à transformer la culture du fatalisme en une culture de l’engagement, la connaissance est un outil d’humanisation et d’émancipation de la société, car elle sert de tremplin contre l’abus du pouvoir d’État. C’est pour cela que la formation à la conscience politique critique doit s’inscrire au cœur du développement professionnel des enseignants. Pour être efficaces, les programmes d’éducation et de responsabilisation des populations doivent être inclusifs et s’étendre aux villages, aux collines et aux hameaux. La construction d’une société libre, dans un contexte de domination des puissants et d’instrumentalisation tous azimuts des populations, nécessite un engagement citoyen actif et une meilleure compréhension des enjeux géopolitiques internationaux face au risque d’une nouvelle balkanisation de l’Afrique.

2. Démocratiser l’engagement politique 

La cause essentielle de l’injustice, de l’inégalité et de la pauvreté est d’ordre politique. Donc, il faut des solutions politiques pour combattre la misère qui sévit en Afrique. Surtout lorsqu’il est de notoriété que la plupart des pays subsahariens sont dirigés par une élite politique incompétente sans conscience, qui n’hésite pas à opprimer le peuple qu’ils sont censés protéger et servir. Aujourd’hui, l’engagement politique des citoyens de conviction est de moins en moins toléré en Afrique. Le temps consacré à la politique et au pillage du continent a pris le pas sur le temps du travail et sur celui de la construction démocratique et économique. Pour renforcer l’unicité des sociétés africaines, il faut briser les schémas de pensées obsolètes et établir des règles et des normes qui favorisent la participation des femmes et des jeunes au processus politique. Des études suggèrent que lorsque les femmes sont élues à des postes de responsabilité, elles sont plus susceptibles que les hommes de soutenir des politiques qui contribuent à combler les écarts entre les sexes et à favoriser une plus grande liberté économique des citoyens. C’est pourquoi, les efforts visant à améliorer la participation politique et l’engagement civique des femmes doivent être soutenus.

3. Démocratiser l’accès à la santé et à l’économie

 Les changements structurels en Afrique doivent être réalisés dans un cadre institutionnel et réglementaire légal qui va rompre avec un certain nombre de contraintes structurelles, à savoir: les successions inconstitutionnelles ou les velléités de prolongation, l’imbrication des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires et leurs influences réciproques, l’affaiblissement inconstitutionnel des partis d’opposition, et la gestion affairiste du pouvoir. En revanche, la démocratie stricto sensu n’aidera pas l’Afrique à sortir du piège malthusien ou à assurer les conditions permettant de garantir la liberté économique pour tous les citoyens sans la mise en œuvre d’une politique publique efficace, qui va améliorer le système de santé public, favoriser l’utilisation efficace de la technologie, et bâtir une économie plus inclusive. Dans la plupart des pays africains, le népotisme et l’incompétence des dirigeants entravent la créativité, aggravant dans leur sillage les inégalités sociales.

Reconnaître les faiblesses du système et remédier aux symptômes d’une faible responsabilité/performance du gouvernement, peut accroître la fiabilité et la légitimité de l’État aux yeux des investisseurs. Un État stratège doit aussi savoir tirer profit des instruments qui permettent d’utiliser les ressources publiques pour attirer les investissements étrangers. Pour atteindre les objectifs macroéconomiques de plein emploi, d’allocation des ressources, de répartition des richesses, et de régulation du niveau de l’activité économique, il faut faire du partenariat-public-privé (PPP) avec les différentes puissances internationales une véritable coalition visant le renforcement des capacités humaines, industrielles et techniques locales.

4. Créer une société civile africaine unie et effective

Une société civile africaine unie, inclusive, effective et animée par des règles d’éthique élevées, constitue un gage de stabilité et d’optimisme car la synergie des actions permet de lutter contre la menace de la répression, de contrecarrer la représentation globale des élites, et de réaliser le plus grand bonheur possible pour le plus grand nombre de personnes. Le CAPD supporte la vision d’une société civile africaine solidaire, indépendante et efficace qui va défendre les valeurs et les principes démocratiques communs.

5. Créer un écosystème mondial de valeurs partagées, afin de créer des opportunités et affirmer l’humanité des laissés-pour-compte

Il ne fait aucun doute qu’un socle de valeurs partagées, couplé avec des principes régaliens de coopération à l’échelle internationale, est nécessaire pour faire de la démocratie une valeur universelle. Les intérêts stratégiques des puissants ne doivent pas prendre le pas sur la protection des droits de la personne. Ils doivent s’inscrire, au même titre que les ambitions de paix et de sécurité internationales, dans l’approche de démantèlement de la culture de l’impunité ou de promotion des comportements prédateurs qui créent le chaos dans la plupart des États africains richement dotés en ressources naturelles.

Créer des programmes de formation des forces de l’ordre afin de lutter contre la brutalité policière et militaire

Aborder la question des prisonniers politiques et des conditions de détention

Créer un cadre de formation collaboratif pour arrêter la fuite des cerveaux

Développer une culture de la démocratie et inculquer l’idée de l’état de droit en éduquant les citoyens

Autonomiser la société civile et encadrer la prochaine génération de dirigeants

Promouvoir la participation et l’engagement actif des citoyens

Réduire l’écart entre les sexes et accroitre l’autonomisation économique des femmes

Construire une société civile non partisane, forte et dynamique

Attirer l’attention du monde sur la violation des libertés politiques et des droits de la personne en Afrique

Créer des opportunités d’apprentissage transfrontalières

Faciliter l’inscription des électeurs et l’éducation juridique

Créer/Rétablir les relations
de confiance, de solidarité et de fraternité

Libérer le potentiel des citoyens africains grâce aux connaissances et au renforcement des capacités

Créer un écosystème mondial de
valeur partagée

Promouvoir l’éducation à la citoyenneté et l’engagement civique des jeunes

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